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Serge Thion

VÉRITÉ HISTORIQUE
OU
VÉRITÉ POLITIQUE?



DEUXIÈME PARTIE

LE DOSSIER DE L'AFFAIRE
FAURISSON


[48]« Une conception de la société future qui ne prévoirait pas institutionnellement la libre possibilité de la contestation -aussi radicale soit-elle - peut favoriser le développement d'une nouvelle forme d'État répressif. »
Pierre Vidal-Naquet, La Torture dans la République, éd. de Minuit, p. 177.

« Attendu que les chambres à gaz ont existé, et que le simple fait de vouloir insérer dans un quotidien un article dont l'auteur se pose la question de leur existence porte atteinte au respect des bonnes murs »
Tribunal de police de Lyon, 27 juin 1979.


« La première génération des droits de l'homme est celle de 1789 (droits politiques), la seconde date de 1946 (droits sociaux), la troisième s'ouvre aujourd'hui (droit de savoir). »
Pierre Drouin
« Le rapport Lenoir. La fin de la société du secret »
le Monde, 20 septembre 1979.

« La justice n'a pas coutume de coucher avec les vainqueurs. » Sophocle.

« J'ai vaguement idée que la vérité doit être en danger dans un monde où l'erreur si aisément entasse, pour sa défense, les lettres publiques sur les commémorations en Sorbonne, et les potins sur les faux. »
Jean Paulhan, De la paille et du grain, uvres complètes, tome IV, p.337.

« Dans les crises historiques, les acteurs, s'ils ont le temps et le goût d'observer, se sentent dépassés par ce qu'ils voient en train de se faire ; s'ils ne sont pas dupes des explications officielles qu'on donne ou qu'ils se donnent, il ne leur reste plus, après l'événement, que l'étonnement de s'être mis dans des états pareils ; plus souvent, ils croient tout ce qu'ils disent et ce que proclament leurs théologiens ; cette version, amie de la mémoire, devient la vérité historique de demain. »
Paul Veyne, Comment on écrit l'histoire. I ~ éd., Le Seuil, p. 231.


« La société française est fragile parce qu'elle refuse les vérités qui blessent ou tout simplement qui gênent. En temps de guerre étrangère ou coloniale, le bourrage de crâne a atteint chez nous un degré qui a toujours stupéfié les Anglo-Saxons. Et en temps de paix ? »
Jacques Fauvet, Le Monde. 6 novembre 1979.




[49]

CHAPITRE PREMIER

A-T-ON LU FAURISSON ?



« Que nuist sçavoir tousjours et tousjours apprendre, feust-ce d'un sot, d'un pot, d'une gedoufle, d'une moufle, d'une pantoufle ? »
François Rabelais, Tiers Livre.


Ce Robert Faurisson, professeur de lettres comme on les faisait dans le temps, n'en est pas à son premier esclandre. C'est sur notre scène littéraire, plus riche autrefois en vaillantes polémiques que le morne temps où nous sommes, qu'apparaît en 1961 un article de R. Faurisson consacré à une interprétation du sonnet des « Voyelles » de Rimbaud #. L'auteur propose de décrypter ce sonnet fameux en montrant que sa signification véritable est de caractère érotique et qu'il décrit le corps féminin « in coïtu ».

A l'époque où la guerre d'Algérie semble s'éterniser, où les Algériens sont victimes dans les rues de Paris et de la banlieue des plus scandaleuses ratonnades, policières et populaires, où la [50] police ne patrouille plus que mitraillette au poing en « chassant le faciès », où la gauche murmure gravement « paix en Algérie » et croit à la montée d'un fascisme tout en laissant à de Gaulle et à ses barbouzes le soin de le combattre, la presse s'enflamme pour ce grave problème qu'est l'interprétation d'un sonnet. Doulce France !

On aura compris que cette première affaire Faurisson n'a guère retenu, à l'époque, mon attention non plus que celle de quelques-uns de mes contemporains. Le monde littéraire, lui, a tremblé sur ses bases. Tenants et adversaires de la thèse de Faurisson se sont affrontés en champ clos. On a vu rompre des lances à Sabatier, Kanters, Pieyre de Mandiargues, Bonnefoy, Breton qui « approuve dans son ensemble » l'interprétation audacieuse du petit prof de lettres, pourtant bien austère, du fort prude lycée de jeunes filles de Vichy, alors que tombe comme un couperet le verdict d'Étiemble : schizophrénie #.

J'ignore si la polémique s'est éteinte et comment l'on enseigne aujourd'hui le sonnet fameux aux potaches (si même « Voyelles » a droit de cité dans tous les manuels) mais elle s'est en tout cas poursuivie jusqu'en 1968, quand Étiemble se résigna à faire un livre contre :
N'eût été l'insistance de mon éminent collègue M. Faurisson, j'aurais sans doute laisse en vrac toutes ces notes ; mais comment résister à celui qui, célèbre pour avoir décelé sous chaque voyelle une des fioritures du coït, me sommait de me prononcer ? A l'en croire, je n'avais pas écrit assez de lignes sur ces vers Ce volume apaisera-t-il sa boulimie ?

dit le prière d'insérer #.

Pas plus en 1961 que maintenant, je ne me sens poussé à prendre le moindre parti en cette querelle. On peut, je crois, de l'extérieur du cénacle, apprécier la fine mécanique de la proposition de Faurisson tout en continuant à professer une haute estime pour le style d'Étiemble, sa fougue et ses courages. Tout en préférant donc rester au-dessus de cette mêlée, je relève, avec l'intérêt rétrospectif que soulèvent aujourd'hui d'autres [51] écrits de Faurisson, quelques notations qui viennent, au fort de la bataille, sous la plume d'O. Mannoni # :
La question de l'interprétation des textes de Rimbaud a repris une nouvelle actualité à la suite d'une tentative courageuse et radicale qu'il n'est pas mauvais de considérer - non pas avec l'idée de l'approuver en tout -mais parce qu'elle va jusqu'au bout d'un certain chemin et devient de ce fait exemplaire. On peut y voir, mêlées, des démarches qui aboutissent à un enrichissement valable du sens, selon des méthodes correctes et en même temps une telle peur devant ce qu'il y a de proprement poétique dans la parole de Rimbaud, que quelques-unes des interprétations données pour les plus profondes peuvent paraître des artifices pour refuser les textes.

Il ajoute plus loin une remarque dont la pertinence semble générale, appliquée aux productions ultérieures de cet enragé critique de textes :
Ce n'est pas sans quelque étonnement, d'ailleurs, qu'on remarque la passion extrême avec laquelle, au sujet de ces quatorze vers, les divers interprètes brandissent leurs diverses interprétations. Ils manifestent une extraordinaire intolérance. Où peuvent bien être les sources d'une pareille énergie ? Il s'agit peut-être de la simple et classique colère avec laquelle tout vrai croyant rêve d'exterminer, dans la personne de ses adversaires, tout ce qui lui reste à lui-même de doutes obscurs. Le fanatisme accourt à l'aide des convictions mal assurées. Il semblerait pourtant qu'il n'y a pas matière à perdre son sang-froid.

C'est par un autre coup de tonnerre dans le ciel serein de nos lettres que Faurisson allait déclencher en 1972 une nouvelle polémique, qui portait cette fois sur Lautréamont. Que faire d'autre ici, sinon reprendre le péremptoire prière d'insérer qui accompagne cette fois-ci un copieux dossier qui s'avoue thèse de lettres # :
Loe'uvre de Lautréamont n'a jamais été lue pour ce qu'elle est : une joyeuse et magistrale contrefaçon du moralisme pontifiant. Les Chants de Maldoror et les Poésies sont deux fantaisies bouffonnes. Isidore Ducasse s'y présente successivement sous les apparences d'un Tartarin (ou d'un Fenouillard) du vice et de la vertu. Il fait mine de braver -admirons le style - le « crabe de la débauche » et le « boa de la morale absente ». Une floraison de janotismes, de cuistreries et d'absurdités cocasses donne toute leur saveur à ces deux divertissements satiriques.

Encore fallait-il, pour les mettre à jour, veiller à lire sans préjugé, ligne à ligne, mot à mot et au ras du texte : précaution élémentaire que négligent parfois les commentateurs, en particulier ceux de la nouvelle critique.
[52]
On a beaucoup crié au génie surréaliste de Lautréamont. En fait de génie, c'est celui de la bêtise prudhommesque qui s'exprime par le truchement de ces deux grotesques que sont le « Chantre » et le « Poète ». L'uvre d'Isidore Ducasse (1846-1870) constitue l'une des plus prodigieuses mystifications littéraires de tous les temps

La soutenance fut d'ailleurs fort mouvementée ainsi qu'en rendit compte Jacqueline Piatier qui qualifiait l'impétrant tour à tour de pétaradant, d'impavide, de Scarron, de prophète et de téméraire archer. « Mais on rit, et c'est là l'important #. » En montant à l'assaut des écoles de critique, ancienne et nouvelle, Faurisson expose ses divergences sur le mode burlesque :
La critique de textes (trois écoles)
Trois façons de voir un texte. Trois façons de voir les choses, les gens, les textes. Trois façons de voir un stylobille et d'en parler.

1.- L'ancienne critique déclare : « Cet objet est une pointe Bic. Il sert à écrire. Replaçons-le dans son contexte historique : nous reconnaissons dans cet objet le "style" des Anciens ; il se présente ici sous une forme moderne ; il est pratique, aisé à manier et à transporter ; il a son autonomie. Voyons le cadre socio-économique dans lequel il s'inscrit : il obéit aux contingences de la production industrielle en série : il est bon marché ; il se consomme et il se jette. Décrivons-le [il est remarquable que l'ancienne critique ait tendance à retarder ce moment de la description qui devrait en bonne logique précéder tout autre moment ; on dirait qu'elle a peur de la réalité et qu'elle ne l'aborde qu'au terme d'une sorte de mouvement tournant, d'allure historique, qui lui donne des apparences réfléchies] : cette pointe Bic se compose d'un étui, d'un conduit pour l'encre. d'un capuchon, d'une pointe métallique ~ l'ensemble est surtout fait de matière plastique molle ou dure ; l'étui est bleu, blanc et doré ; sa section est hexagonale ; sa forme est allongée. Préoccupons-nous de savoir qui est l'auteur de cette uvre et ce que l'auteur a dit de son uvre : découvrons ainsi que cet objet est fabriqué dans les usines du baron Bich ; cet industriel est honorablement connu ; voyez ce qu'en ont dit Paris-Match, Jours de France et France-Soir ; le baron Bich n'a pas caché comment, pourquoi et pour qui il avait conçu et fabriqué ce produit ; il en est le producteur et il connaît donc son affaire mieux que personne ; il est allé jusqu'à faire des confidences sur son produit ; il a révélé ainsi que toute sa pensée, toute son intention pouvait se résumer en ceci : « J'ai, d'abord et avant tout, pensé aux travailleurs, aux gagne-petit" »

2.- La nouvelle critique survient et déclare : « L'ancienne n'intéresse plus grand monde. Ses vues sont sclérosées. Elles sont l'expression d'une société qui s'est figée vers 1880-1900. Encore Taine, Renan et Lanson n'étaient-ils, à tout prendre, que les continuateurs de Sainte-Beuve. Honorons les vieillards. Ils sont émouvants. Mais ils sont dépassés. Par qui ? Mais par nous, en toute modestie. Voici ce qu'il faut comprendre :


[53] les choses ne disent pas ce qu'elles veulent dire ni même ce qu'elles disent. De même pour les gens et pour les mots. Il faut chercher autour, en dessous, à travers. Le regard doit à la fois se promener négligemment et. subitement, venir percer les choses. Cette "pointe Bic" [l'appellation est plate et bassement circonstanciée] n'est que tout a fait accessoirement cela. Elle est un agencement de structures. De telle forme. Dans tel contexte a la fois [et non : successivement] historique, économique, social, esthétique, individuel. Ici tout est dans tout, et réciproquement. Cet objet [objet] est un ensemble de structures scripturaires ou scripturales où se conjuguent différents systèmes de coloration bleuâtre et de matité translucide. Il s'agit d'une réalité chatoyante et arachnéenne à capter dans la complexité des lacis et des modulations. Ce tube est anaphorique [sa se porte la pointe en avant]. Dans ce tube s'inscrit l'intériorité de l'objet [l'ob-jet]. Ce tube est l'élément charnière grâce auquel l étendue interne de l'uvre s'articule en un volume signifiant. Toute thématique relève ainsi à la fois d'une cybernétique [ça bouge] et d'une systématique [c'est construit]. Un déchiffrement psychanalytique s'impose. On sait que le baron Bich est féru de marine à voile. Il est hanté par l'America Cup qu'il n'est jusqu'ici jamais parvenu à gagner. Eh bien, regardez cette pointe anaphorique. Il est manifeste que le baron a opéré un transfert sur les structures de la pointe Bic. Notez cette manière offensive de fendre les flots dans le contexte d'une société tout entière tournée vers la production et la consommation. Ce que le baron ne réussit pas sur les flots, il le tente ailleurs. A un autre niveau d'analyse. on pourrait aussi parler de symbole phallique. A ce point de vue, il n est pas inintéressant de relever que, pour baptiser l'objet [l'ob-jet] en question, le baron a procédé soit a l'amputation de la lettre H [Bich a donné Bic]. soit à l'ablation de cette lettre. L'amputation peut s'interpréter de différentes façons sur lesquelles il convient de passer. Quant à l'ablation. elle peut se comprendre comme le signe d'une appartenance, discrète et émouvante. à une entité "Homo" de type balzacien. réinterprété avec tant de finesse par Roland Barthes dans son S/Z. Mais d'autres déchiffrements structuralistes sont possibles : par exemple, selon la conscience imaginante de Bachelard, la conscience perceptive [ou : a-thétique de soi] de Merleau-Ponty, la sentimentalité ontologique de Jean Wahl, la méditation marcelienne du corps et, de façon plus générale, l'intentionalité phénoménologique. » (NB : toute cette dernière phrase figure dans l'Univers imaginaire de Mallarmé, de J.-P. Richard, thèse, 1961 ; tout le baragouin ontologique de ma nouvelle critique se trouve dans les premières pages de cette uvre.)

3.- La critique de toujours s'étonne de tant de science et de si peu de jugeotte. Elle va droit à l'objet. C'est là son premier mouvement. Son premier mouvement n'est pas de tourner autour du pot. Elle ne veut d'abord savoir ni qui, ni quoi, ni qu'est-ce. Elle ne veut connaître ni l'époque, ni le lieu. Ni le nom de l'auteur, ni ses déclarations. Pas de commentaire, pas de philosophie. Montrez-moi ça. Elle examine de loin et de près. Elle voit écrit Reynolds. A priori, l'objet serait un stylobille de la marque Reynolds. Méfiance toutefois ! La réalité correspond-elle a la dénomination et à l'apparence ? C'est à voir. Nouvel examen de l'objet. Serait-ce un stylobille postiche ? Cette apparence de stylobille pourrait dissimuler, que sais-je ? une arme, un micro de la poudre à éternuer. Tout est à examiner soigneusement. Le résultat de l'examen pourra être que je suis incapable de m'expliquer cet objet. En consé[54] quence, je me garderai bien de faire comme si je me l'expliquais. Et je ne prétendrai pas l'expliquer aux autres. Je ne ferai pas de commentaire. Je me tairai. La critique de toujours a de redoutables exigences : réfléchir avant de parler ; commencer par le commencement ; se taire quand, en fin de compte, on n'a rien à dire. Un bel exemple de cette critique (toujours prônée, rarement mise en pratique) : l'histoire de la dent d'or racontée par Fontenelle. Les illustrissimes professeurs se sont ridiculisés tandis que l'orfèvre anonyme a pensé juste, droit et vrai.


La conclusion de Jacqueline Piatier, un peu choquée par « cette thèse hénaurme », n'est pas défavorable : Lautréamont est
sans doute moins facile à réduire que ne le croit M. Faurisson, qui fait ce simple raisonnement : si l'on a fait trop dire aux Chants de Maldoror c'est qu'ils ne veulent rien dire Mais M. Faurisson dans son simplisme n'est pas non plus facile a réduire. On ne peut nier qu'il ait mis le doigt sur quelques-uns de nos maux et qu'il fasse régner, là où il passe, une bonne santé mentale et verbale que la jeunesse trouve à son goût. Sans barguigner, la Sorbonne a accordé à sa thèse la mention très honorable, tandis que, célébré à la fois par nos modernes abstracteurs de quintessence et par cet amateur de Pierre Dac, auquel il trouve que Lautréamont ressemble, Isidore Ducasse entrait vraiment dans la gloire.

La presse, là encore, allait batailler fermement pour ou contre les idées de Faurisson #.

Il s'explique sur ce qu'il appelle sa méthode, par exemple dans cette interview aux Nouvelles littéraires  #:
Un point commun, parmi beaucoup d'autres, de la plupart des tenants de la nouvelle critique, mais aussi de l'ancienne critique, c'est leur répugnance à s'attaquer directement aux textes et à en parler avec les mots de tous les jours. Le « paléo » et le « néo » ont besoin, pour analyser un texte, d'une foule de considérations historiques, psychologiques, linguistiques ou psychanalytiques, qui me paraissent de purs alibis. « Paléo » et « néo » sont plus ou moins d'accord pour décrier la recherche du sens premier et vérifiable. Je suis pourtant persuadé que nous ne cessons de commettre, sur des textes français, comme sur des textes latins, grecs, hébreux ou chinois, des faux sens et des contresens. Il faut chercher la lettre avant de chercher l'esprit. Les textes n'ont qu'un sens ou bien il n'y a pas de sens du tout.

Ce sens peut être double (comme dans l'ironie, par exemple), mais cela ne fait jamais qu'un sens. Souvent on ne le trouve pas. Parfois, on s'imagine l'avoir trouvé et, un peu plus tard, on s'aperçoit qu'il n'en est rien. Un mot pris isolément peut avoir plusieurs sens, mais, dès lors qu'il [55] s'insère dans une phrase, il tend à perdre, et même très vite, cette aptitude-là. Il ne faut pas confondre « sens » avec « sentiment ». Un même texte peut inspirer les sentiments les plus contradictoires : on lui donne alors tel ou tel sens, mais cela ne revient absolument pas à affirmer qu'il possède tous ces sens, qu'il les contient en même temps ! Qu'on attribue une qualité à telle personne ne signifie nullement que cette personne est dotée de cette qualité-là. Je voudrais bien que la critique littéraire accepte cette dure loi du sens, comme les physiciens acceptent la loi de la pesanteur. Quant à l'Université, j'estime que certains de ses représentants apprennent aux gens à lire « entre les lignes » ; pour ma part, ce sont d'abord les lignes que je cherche à lire. C'est déjà assez difficile.
- A quoi exercez vous vos étudiants :~

le les entraîne a la « critique de textes et documents » (littérature, histoire, médias, etc.). Si, dans un texte réputé historique (mais ces réputations ne sont-elles pas de l'ordre du préjugé ?), ils relèvent les mots de « Napoléon » ou de « Pologne », j'interdis que leur analyse fasse état de ce qu'ils croient savoir de Napoléon ou de la Pologne ; ils doivent se contenter de ce qui est dit dans le texte. Un texte ainsi examiné, à cru et à nu, avec les yeux du profane et sans chiqué, prend un relief intéressant. Excellent moyen, d'ailleurs, de détecter les falsifications et « fabrications » en tous genres. Mes étudiants appellent cela la « méthode Ajax » parce que ça récure, ça décape et ça lustre.

Que cette méthode soit suffisante pour tout comprendre d'un texte, pour satisfaire en tout cas à l'ensemble des curiosités qu'il peut susciter en moi, j'en doute fort, et je ne rejetterai pas d'un geste aussi décidé les autres écoles critiques, bien que l'on sache à quel grotesque certains cuistres ont pu les amener, à Tel Quel ou ailleurs.

Ce qui est certain, c'est que ce souci de prendre les textes au ras des mots ne pouvait manquer d'amener Faurisson à travailler sur des textes, littéraires ou non, liés à certains événements cruels de notre époque, et à proposer de les récurer à l'aide de sa « méthode Ajax ». Que l'on accepte ou non d'y voir une manière propre à jauger et à juger entièrement d'un texte, le simple bon sens suffirait à y voir en tout cas un préalable dont l'intérêt est évident : il faut commencer par lire les textes pour ce qu'ils se donnent avant de les interpréter.

Ainsi, au moment où l'affaire Faurisson se déclenche, en 1978, plusieurs journaux s'emparent de l'un des thèmes de travail qu'il avait donné à ses étudiants lyonnais : « Le Journal d'Anne Frank est-il authentique ? » Dans l'amalgame et les insinuations qui allaient s'ensuivre, la chose allait immanquablement prendre les allures d'une provocation antisémite. Affaire de contexte. L'imputation était d'autant plus facile (le thème était formulé interrogativement mais le lecteur devait [56] supposer que Faurisson répondait par la négative) qu'il n'avait rien publié sur ce travail de recherche ; il voulait en peaufiner la rédaction. Dans l'état, il apparaît nettement à la lecture de cette analyse très serrée que le texte attribué à la jeune Anne Frank est ce que l'on peut appeler une supercherie littéraire Ceci n'enlève évidemment rien au tragique du sort qu'elle a connu.

Le mieux, là aussi, est de juger sur pièces #. Que le lecteur veuille bien s'y reporter pour voir s'il ne trouvera pas ensuite intolérablement calomnieuses les affirmations d'un vice-président de la fédération du Rhône de la L.I.C.A., M. René Nodot # :
Faurisson n'a pas trouvé tout seul la calomnie contre le journal d'Anne Frank. Le « promoteur » de cette affaire abjecte est un ancien collaborateur de la Gestapo, Ernst Romer, qui fut condamné à 1500 marks d'amende pour avoir lancé par tracts une campagne sur ce thème. Le gestapiste a bien entendu fait appel. Le procès est venu devant la cour de Hambourg. Le père d'Anne Frank, toujours vivant, a produit devant la cour la pièce à conviction décisive : l'original du journal...



Voir suite





TABLE DES MATIÈRES



Première partie : Le comment du pourquoi
   I. - L'aspect historique
   II. - L'air du temps, le temps se couvre

Deuxième partie : Le dossier de l'affaire Faurisson
Chapitre premier : A-t-on lu Faurisson ?
Chapitre II : Ce qu'est l'affaire Faurisson
Chapitre III : L'éclatement de l'affaire
Chapitre IV : De la misère en milieu enseignant
   I. - La droite, la gauche
   II. - Plus loin, à gauche
   III. - La L. I. C. A., c'est quoi ?
Chapitre V Le révisionnisme à l'étranger
Chapitre VI : De la nécessité de l'affaire Faurisson

Documents
Document I : Interview de Robert Faurisson parue dans la revue Storia illustrata
Document II : Le Journal d'Anne Frank est-il authentique ? par Robert Faurisson
Annexes
Document III : Chambre à gaz du pénitencier de Baltimore
Document IV : Iconographie
Document V : Vérité historique, vérité humaine

Un texte capital
Conclusion provisoire des éditeurs
Orientation bibliographique
Index (des noms)

"Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal; nous avons pris leur pays. [...] Ils ne voient qu'une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ?"

- David Ben-Gourion, premier ministre israélien, cité par Nahum Goldmann dans "Le Paradoxe Juif", page 121.


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